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Le JAG à bout de souffre en Montérégie

Samedi 04 avril 2026 09:00 TVRS
Image : JAG

COMMUNIQUÉ - Quelques jours après la parution d’un article de fond dans le magazine Fugues mettant en lumière la situation précaire du JAG en Montérégie, l’organisme s’adresse aujourd’hui à l’ensemble des médias. Cette sortie arrive à un moment particulièrement chargé : le mouvement communautaire québécois est présentement en grève dans le cadre du mouvement Le communautaire à boutte, du 23 mars au 2 avril 2026. Des centaines d’organismes à travers le Québec dénoncent le sous-financement chronique du communautaire, secteur qui assure chaque jour des services essentiels aux populations les plus vulnérables. La situation du JAG illustre de manière criante exactement ce que ce mouvement dénonce.

Seul organisme communautaire LGBTQ+ desservant l’ensemble de la Montérégie, le JAG reçoit aujourd’hui seulement 0,46 $ par habitant pour couvrir un territoire de 8 825 km² et plus de 1,5 million de personnes, soit deux à cinq fois moins que des organismes LGBTQ+ comparables dans d’autres régions du Québec. Un rapport produit et publié par le JAG en février 2026 le démontre clairement : pour assurer une couverture minimale du territoire, l’organisme aurait besoin d’un financement annuel de 1 332 589 $. Son financement actuel s’élève à 452 078 $. Le manque à gagner est de 880 511 $.

En 2019, le CISSS Montérégie-Centre a élargi le mandat du JAG pour inclure plus de 4 000 km² supplémentaires et plus d’un million de personnes additionnelles, en échange d’une subvention de 99 731 $. Un montant insuffisant dès le départ. L’organisme a puisé dans ses réserves accumulées durant la pandémie pour tenter de s’enraciner dans la Montérégie-Ouest, mais face à l’épuisement de ces fonds et à l’absence d’un rehaussement adéquat, le bureau de Salaberry-de-Valleyfield a dû fermer ses portes en 2023. Il est resté vacant depuis, laissant les MRC de Vaudreuil-Soulanges, du Haut-Saint-Laurent et de Roussillon sans aucun service de proximité pour les communautés LGBTQ+.

« On ne peut pas demander au JAG de franchir l’Everest avec les ressources prévues pour une colline. Notre équipe, payée à peine 21 $ de l’heure malgré des études universitaires en sexologie et travail social par exemple, subventionne littéralement le maintien des services publics. La Montérégie compte 1,5 million d’habitants — ce n’est pas une région, c’est l’équivalent de trois régions. Le financement doit en refléter la réalité. »    - Dominique Théberge, directeur général du JAG

Les conséquences sont documentées et concrètes. Des jeunes LGBTQ+ en situation de détresse dans la Montérégie-Ouest n’ont plus accès à des rencontres individuelles, à des rencontres de groupe ou à des drop-ins sécuritaires. Des élèves sont privés d’ateliers de sensibilisation contre l’intimidation et l’homophobie. Des parents cherchant à accompagner leur enfant en questionnement trouvent porte close. L’Alliance pour la solidarité de la Montérégie et la Table de concertation jeunesse de Beauharnois-Salaberry ont toutes deux formellement documenté ce trou de service dans leurs propres rapports. Et à Saint-Jean-sur-Richelieu, deuxième ville en importance de la Montérégie avec plus de 100 000 habitants, l’organisme n’a tout simplement jamais pu s’implanter.

Au cœur du problème se trouve une absurdité administrative que le rapport dénonce clairement : le seuil plancher du JAG — c’est-à-dire le financement minimal garanti par le PSOC — est demeuré le même avant et après l’ajout de plus de 4 000 km² et d’un million de personnes supplémentaires à son mandat. En clair : qu’il couvre uniquement la Montérégie-Est ou l’ensemble de la région, l’organisme reçoit le même financement de base. Cet outil, conçu pour assurer une répartition équitable entre organismes comparables, produit ici l’effet inverse : il crée l’illusion que le JAG est « près du seuil plancher » théorique, alors qu’en réalité il est incapable d’assurer le service minimum rattaché à sa mission. On ne peut pas appliquer la logique de l’égalité là où seule l’équité a du sens.

La Table régionale des organismes communautaires et bénévoles de la Montérégie (TROCM) propose de reconnaître le JAG comme l’équivalent de trois organismes régionaux distincts, reflétant la réalité géographique et démographique de la région. Une telle reconnaissance permettrait d’établir un financement cohérent avec la taille réelle de la population desservie et de corriger le trou de service actuel.

« Le JAG accomplit un travail essentiel pour des milliers de personnes qui, sans lui, n’auraient tout simplement nulle part où aller. Qu’en 2026, un organisme aussi vital soit forcé de choisir entre fermer des bureaux ou épuiser ses équipes, c’est un échec collectif que le gouvernement du Québec doit corriger. La Montérégie mérite les mêmes services que le reste du Québec. » - Jennifer Maccarone, députée de Westmount–Saint-Louis et porte-parole du Parti libéral du Québec pour la communauté 2SLGBTQIA+.

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