Quand les finances passent avant la sécurité : l’AUTAL dénonce le refus d’exo de rendre accessibles deux arrêts de la ligne 200
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| Image : ARTM |
COMMUNIQUÉ – - L’Association des usagers du transport adapté de Longueuil (AUTAL) dénonce avec vigueur la décision d’exo de refuser la relocalisation de deux arrêts de la ligne 200 reliant Saint-Hyacinthe à Longueuil, malgré des préoccupations importantes en matière d’accessibilité universelle et de sécurité pour les personnes handicapées.
Depuis le mois d'avril 2026, l’AUTAL réclame le déplacement de deux arrêts situés sur le boulevard Taschereau, à la hauteur des rues Jean-Bariteau et Manseau. Ces arrêts sont notamment utilisés par des personnes ayant une déficience visuelle, des personnes âgées ainsi que des personnes présentant diverses limitations fonctionnelles.
Selon l’AUTAL, les emplacements actuels exposent les usagers et usagères à des risques importants. Le boulevard Taschereau constitue l’un des axes routiers les plus achalandés de la région métropolitaine. Il est reconnu pour son fort volume de circulation ainsi que pour la vitesse élevée des véhicules qui y circulent. Dans un tel environnement, traverser de manière sécuritaire est difficile et dangereux pour les piétons, notamment pour les personnes handicapées.
L'Association tient également à préciser que la présence d'une passerelle permettant de traverser le boulevard Taschereau ne constitue pas une solution adéquate. Cette infrastructure représente un obstacle important pour plusieurs usagers et usagères, notamment les personnes ayant des limitations fonctionnelles.
Afin de remédier à cette situation, l’organisme a proposé à exo une solution simple et réaliste : relocaliser les arrêts vers les intersections du boulevard Taschereau avec le boulevard Curé-Poirier et la rue Estelle-Mouton. Ces secteurs disposent déjà de feux de circulation sonores, des abribus, d’infrastructures mieux adaptées et d’aménagements favorisant des déplacements plus sécuritaires et accessibles pour l’ensemble de la population.
Malgré ces arguments, exo a refusé la demande proposée par l'AUTAL. Dans sa réponse officielle, exo affirme que le déplacement des arrêts entraînerait une légère augmentation du temps de parcours de la ligne 200 et occasionnerait des coûts supplémentaires dans un contexte financier difficile pour le transport collectif, pour justifier son refus. L’organisation indique également qu’elle pourrait réévaluer la situation dans le futur, dans le cadre d'éventuelles améliorations apportées à cette ligne.
Pour l’AUTAL, cette justification est inacceptable. « Les considérations financières ne devraient jamais primer sur la sécurité et l'accessibilité des citoyens et des citoyennes. Il est profondément préoccupant de constater qu'une solution plus sécuritaire existe, mais exo choisit de ne pas la mettre en œuvre pour des raisons budgétaires. Nous parlons ici de personnes qui ont le droit de se déplacer de façon sécuritaire, autonome et équitable, comme tout le monde », affirme monsieur Martin Morin, directeur général de l’AUTAL.
Nous sommes particulièrement préoccupés par le message envoyé aux personnes handicapées. Reporter à plus tard des correctifs qui permettraient de réduire des risques bien réels revient à considérer l'accessibilité universelle comme une option plutôt qu'une responsabilité. Pourtant, les dangers auxquels sont exposés les usagers et les usagères concernés existent aujourd'hui et nécessitent des actions immédiates.
L’AUTAL souligne également que les préoccupations soulevées ne sont pas isolées. Lors d’un échange téléphonique avec un représentant des affaires publiques d’exo, tenu le 25 mai 2026, nous avons appris que plusieurs organismes œuvrant auprès des personnes handicapées avaient déjà signalé cette problématique au cours du printemps 2026. Parmi eux, figure notamment le Centre intégré de santé et de services sociaux
(CISSS) de la Montérégie-Centre.
Cette information démontre clairement que les inquiétudes exprimées dépassent largement le cadre d’une seule organisation et reflètent une préoccupation partagée par plusieurs acteurs du milieu.
L’AUTAL invite exo à entreprendre une véritable démarche de consultation auprès des experts reconnus en déficience visuelle et en accessibilité universelle, notamment l'Institut Nazareth et Louis-Braille (INLB). Ces organismes possèdent une expertise précieuse et seraient en mesure d'accompagner exo dans l’identification d'aménagements conformes aux normes en vigueur d'accessibilité universelle, en tenant compte des réalités opérationnelles et des besoins réels des usagers et des usagères.
L’AUTAL rappelle que les principes d’accessibilité universelle sont reconnus partout au Québec et visent à permettre à tous les citoyens et les citoyennes, peu importe leurs capacités, d’accéder aux services et aux infrastructures publiques sans obstacle ni discrimination. Ces principes ne devraient jamais être relégués au second plan lorsque vient le temps de prendre des décisions concernant le transport collectif.
Nous demandons donc à exo de revoir sa position et de procéder à la relocalisation des deux arrêts dans les meilleurs délais. Des solutions sécuritaires existent déjà, les besoins sont connus et les préoccupations ont été clairement exprimées par plusieurs organismes. Rien ne justifie que cette situation demeure inchangée.
L’Association poursuivra ses démarches auprès des instances concernées, afin que l’accessibilité universelle et la sécurité demeurent des priorités incontournables dans le développement du transport collectif. Les personnes handicapées ne doivent pas devenir les victimes des contraintes budgétaires. Un réseau de transport moderne, inclusif et équitable doit être conçu pour tous et toutes, sans exception.

